Ôdevie, des gins et des rhums français.

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Gin & Rhum de chez Ôdevie, une percée française.

Des prix élevés créés par le monopole de certains distributeurs, éloignent les amateurs français des whiskies qui autrefois avaient leurs faveurs. Une opportunité pour de nouveaux acteurs de proposer des gins français et des rhums de qualité.

Ôdevie Creative Spirit fait partie de ces petites maisons qui perpétuent la tradition française des spiritueux traditionnels. Créée en 2010, la société se concentre sur une gamme réduite de deux gins et trois rhums. Résolument indépendants, les deux fondateurs, Thibault de la Fournière et son associé Christian Vergier ont acquis dans le passé un savoir faire en matière d’assemblage de rhums. C’est d’ailleurs avec le rhum que commence l’aventure d’Ôdevie Creative Spirit. Après une première expérience avec les rhums Arcane, les deux associés lancent la collection de rhums Island Signature Collection. Une série de rhums premium venus de différents horizons du globe. Deux viennent des Caraïbes et le troisième de l’océan Indien. Avec une unité de flacons et d’étiquetages, cette collection possède désormais une image forte facilement reconnaissable. Venu de la Jamaïque, le Yellow Snake est un rhum de mélasse qui assemble des rhums de plusieurs distilleries de l’île. Sans sucre ajouté, il possède une fraîcheur naturelle et une rondeur qui se prolongent dans une dégustation de vanille et d’agrumes. Légèrement poivré, il peut se déguster seul ou accompagner d’un cigare puissant. Après l’étiquette jaune du Snake, voici l’étiquette rouge de l’Anacaona. Natif de Saint Domingue, l’Anacaona est un assemblage de rhums jeunes. Poivré, épicé, ce rhum offre une minéralité qui conviendra parfaitement à l’élaboration de cocktails. Là encore, on apprécie sa discrétion en sucre. Le choix de ne pas mettre de sucre ajouté laisse s’exprimer toute la délicatesse de l’assemblage. Après l’étiquette rouge de l’Anacaona, voici la bleue du Turquoise bay. Originaire de l’Ile Maurice, ce rhum est un assemblage de pur jus de canne (destiné aux rhums agricoles), de mélasse et de sucre. Plus doux, il accompagnera idéalement des babas ou des crêpes flambées. Un lait de poule, un grog seront aussi parfaits avec ce rhum gourmand. Voici une gamme de trois rhums aux assemblages subtils où le sucre reste discret qui sont vendus entre 34 et 36€.

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Outre cette jolie série de rhums, Ôdevie Créative Spirit, vient d’inscrire à son catalogue deux gins produits en France. Proposés sous la marque Generous Gin, ce sont deux gins qui bénéficient là encore d’un superbe flaconnage dont on remarque l’élégance. Un flacon opalin agrémenté d’un décor floral vert ou noir selon le gin, le design est à la fois original et très traditionnel. Fabriqués à Cognac ils mettent en avant un style de spiritueux français dans leur expression. Dans sa livrée de dentelle noire très française, l’Original offre une réponse immédiate, c’est un gin classique qui ne sort pas de l’officine d’un pharmacien. Le genièvre, la muscade répondent présents en premier. Un nez d’agrumes frais , une bouche épicée où le genièvre s’impose dans la longueur. Parfait pour un Negroni, il peut également se boire sec avec de l’anguille fumée. Décoré de feuillage vert, l’Organic Gin ne cache pas ses ambitions : être un gin écolo, il arbore d’ailleurs le logo agriculture biologique. Radicalement différent, fleuri, citronné, très féminin, rond, il se destine particulièrement aux cocktails. Très botanique, sa douceur fait oublier ses 44°. Le gin idéal pour un gin tonic ou un Martini. Dès 44€.

Joël Chassaing-Cuvillier.

 

Débuter l’année en majesté avec Dallmore, Loch Lomond et l’Evadé.

Débuter l’année en majesté avec Dallmore, Loch Lomond et l’Evadé.

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Deux whiskies écossais, un whisky français, trois raisons d’être optimiste pour ce début d’année. Face à la tradition et à l’excellence de Dallmore et Loch Lomond, voilà avec l’Evadé de Whiskies du monde un nouveau petit français qui vient se mêler au concert des producteurs de whisky.

 

Avec The Dalmore nous touchons l’excellence. Immédiatement identifiable par la ramure de la tête de cerf qui est son logo, ce pur produit écossais se distingue par la position haut de gamme de ses cuvées. Parfaitement gérée par Richard Paterson, le maître distillateur maison, la production de The Dalmore vise en premier les grands amateurs et les collectionneurs avec la série Paterson Collection qui comprend des cinquante ans d’âge. Plus accessible, les cuvées âgées de 12, 15, 18 et 25 ans permettent aux débutants de rentrer dans la marque. Le Vintage 2008 ou les King Alexander III, Cigare Malt et Port Wood Reserve, sont également de belles portes d’accès à cette distillerie. Des produits qui reflètent néanmoins l’esprit de Richard Paterson avec pas moins de six maturations pour le King Alexander, il passe ainsi en fûts de bourbon, de xérès oloroso, de madère, de marsala, de porto et de cabernet sauvignon. Ce qui lui apporte cette rare délicatesse avec un nez de cuir et de fruits confits. Onctueux, épicé, c’est une véritable gourmandise.

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Restons en Ecosse mais dans un registre différent avec la distillerie Loch Lomond. Fruit du hasard, c’est encore un cerf et ses bois majestueux qui sont l’image de la marque. Après une fermeture au début du 19ème siècle, cette distillerie historique renaît de ses cendres en 1964. Alors qu’elle était située au nord du Loch, elle est reconstruite à l’opposé dans la bourgade d’Alexandria en lieu et place d’une ancienne teinturerie. Posée sur la frontière entre les Highlands et les Lowlands, la distillerie Loch Lomond fait figure d’exception, outre le fait d’être l’une des rares distilleries d’Ecosse à utiliser quatre types d’alambics différents (notamment un Lomond qui associe les caractéristiques d’un pot still traditionnel et d’un coffey still), elle fait également partie des rares distilleries à posséder sa tonnellerie intégrée. Une première particularité qui lui permet d’élaborer un choix de single malts aux profils aromatiques très différents. Quant à la tonnellerie intégrée depuis 1994 par le tonnelier Tommy Wallace, elle facilite la gestion de l’élevage ce qui n’interdit pas l’utilisation de fûts de bourbon ou de sherry en fonction des différentes cuvées. Riche d’un catalogue de onze références, la distillerie de Loch Lomond présente en cette fin d’année un coffret contenant trois whiskies de 12 ans d’âge. Il s’agit d’une bouteille de Loch Lomond 70 cl accompagnée de deux flacons de 5 cl chacun de Inchmurin et de Inchmoan. Un choix parfait pour faire connaissance avec plusieurs références de la maison. Les amateurs de tourbe fumée se retrouveront avec cet Inchmoan 12 ans qui offre une bouche épicée et délicate. A l’opposé le Inchmurrin avec une bouche de fruits à noyaux s’accorde parfaitement avec des desserts au chocolat avec une gourmandise que l’on retrouve dans Loch Lomond 12 ans. Légèrement boisé et tourbé, il accompagne idéalement un joli pâté en croûte.

 

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Après la tradition écossaise, voici le savoir-faire français. Reconnue mondialement pour ses productions de cognac, d’armagnac et de calvados, la France met cette expertise au profit d’une production de whisky. Cela depuis quelques années. Une drôle d’idée me direz vous, mais pas du tout, il faut savoir que les trois spiritueux nationaux se vendent très mal sur le territoire français alors que le whisky fait un carton. La clientèle jeune boude le cognac jugé trop vieux en dépit de nombreux efforts pour rajeunir le produit. L’armagnac est ignoré quant au calvados, il reste le calva pousse café. Cela malgré la qualité réelle de ces trois alcools. Difficile de changer une image. Voilà pourquoi les producteurs, notamment de cognac, se tournent vers la production de whisky avec un savoir faire évident. Témoin ce nouveau whisky intégralement élaboré en France. L’Evadé, c’est son nom, est un pur malt issu de l’agriculture française. Une marque développée par Whiskies du monde en partenariat avec une importante distillerie française qui commercialise déjà sa propre marque. Ainsi de la culture de l’orge à la production des tonneaux, le made in France est à 100%. Sans oublier bien sûr la distillation et l’élevage. Pour l’instant, cette toute jeune marque proposée par Whiskies du monde ne comporte que deux références : un single malt et un single malt tourbé. Une troisième est attendue dès 2020. Avec une robe très pâle le malt tourbé se remarque par un nez délicat et légèrement fumé tandis que l’attaque en bouche révèle immédiatement cet aspect tourbé très apprécié des amateurs français. La longueur en bouche est délicate avec une rondeur très pâtissière. Quant au single malt classique, il offre une attaque franche et ardente. Avec une bouche épicée dans la longueur, il offre un final de caramel salé très agréable. Cet assemblage de jus, vieillis dans six types de fûts différents (chêne français neuf et vintage, chêne américain neuf, bourbon, cognac, bourgogne rouge), témoigne du savoir français en matière de distillation.

Joël Chassaing-Cuvillier.

 

Le rhum fête Noël

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Le rhum, le spiritueux de fin d’année.

Longtemps mal aimé, le rhum trainait derrière lui une réputation d’alcool pris sur le coin d’un zinc d’une banlieue mal famée. Aujourd’hui, grâce à une recherche de qualité on assiste à un retour de ce spiritueux dans les meilleurs endroits. Qu’il s’agisse de bars branchés ou de cavistes réputés.

Grâce à ce renouveau, le rhum est désormais sur la troisième marche du podium derrière le whisky et le cognac. Près de 50 millions de bouteilles sont ainsi consommées en France. L’augmentation des ventes est en croissance régulière depuis  désormais cinq ans. Qu’il s’agisse des rhums français ou des rhums britanniques ou hispaniques cette nouvelle mode crée une émulation qui profite à la qualité et à la création de nouveaux produits.

La fin de l’année et les fêtes de Noël sont également propices à la mise en avant de cet alcool de canne à sucre. Les grogs, les laits de poule, les crêpes flambées, sont un prétexte de saison pour découvrir un alcool produit dans le monde entier. Issu de la distillation de la canne à sucre ou bien de la mélasse, il est produit pratiquement dans toute la ceinture équatoriale du monde. Pour s’en rendre compte, il suffit de consulter les origines de la collection Plantation de la maison Ferrand qui ne propose pas moins de huit pays d’Amérique Centrale (Guatemala, Panama), d’Amérique du Sud (Peru) et des Antilles (Barbade, Jamaïque) dans une belle série de rhums à base de mélasse. A cet égard, il convient de se souvenir que seuls les rhums produits dans les Antilles françaises et à la Réunion sont élaborés à partir du jus frais de canne à sucre et bénéficient d’une AOC. Il s’agit là du rhum agricole qui s’oppose aux rhums traditionnels hispaniques et britanniques conçu à partir de la mélasse (résultat de la distillation du sucre extrait de la cristallisation du jus de canne). C’est dans cette catégorie des rhums agricoles que s’inscrivent les rhums Clément et Charrette, dans ce cas la canne à sucre est pressée pour extraire le jus. Produit à la Martinique, le rhum agricole Clément propose une collection de spiritueux qui peut satisfaire les barmen dans la confection de leurs cocktails tout comme les amateurs avec ces produits hauts de gamme. On retiendra le VSOP de l’Habitation Clément qui bénéficie de l’AOC Martinique qui a quatre ans de fûts. Pour les mêmes raisons légales, la maison Charrette, installée sur l’ile de la Réunion depuis 1972 produit également des rhums agricoles. Une époque où le rhum venait encanailler un verre de Coca. Dès 2000, Charrette s’oriente vers le développement  de produits de qualité avec des rhums vieux et s’adresse à l’univers des bars à cocktails. Il faut attendre 2016 pour voir apparaître la collection Charrette Héritage qui intègre les premiers rhums arrangés. Régulièrement de nouvelles références sont proposées aux amateurs de ces recettes typiquement créoles. Pour cette fin d’année, c’est un Arrangé Banane qui arrive en rayon. Avec ce rhum festif ce sont des souvenirs d’enfance qui remontent à la surface, celui d’un goûter à la banane écrasée soupoudrée de sucre cristal qui croque sous la dent. Là, il est mis en avant par l’intensité du parfum d’un rhum agricole.

 

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Dans la catégorie des rhums de mélasse, nous avons retenu quelques produits venus du monde entier qui expriment la diversité de la production de ce spiritueux. Des Philippines, c’est le Don Papa n°7 qui a retenu notre attention. Nouveau dans la gamme, parfumé, rond il conviendra parfaitement à la réalisation de cocktails et déjà de nombreux barmen l’ont déjà adopté. Il fait partie d’une gamme de six rhums où l’on trouve notamment le Don Papa Sevillana qui séduira tous les amateurs de spiritueux. Elégant et délicat, il sera parfait avec un cigare de la Havane. Revenons vers les Antilles et la région de l’Amérique centrale avec un rhum de Porto Rico élaboré par la maison Bacardi. Maison importante du monde des spiritueux, Bacardi sait proposer des flacons de qualité comme ce Gran Reserva Diez de 10 ans d’âge. Un rhum élevé en fûts de chêne blanc qui lui donne ce goût si caractéristique. Une richesse en bouche particulièrement gourmande. Autre label qui vise le haut de gamme, le rhum Zaca présente sous cette marque des rhums provenant de Panama, de Maurice, de Trinidad ainsi qu’une édition limitée single cask vieillie 12 ans en fûts de Zinfandel, le El Salvador. Tous ces rhums ont un minimum de 7 ans d’âge voir 15 ans pour le Panama. Produits à partir d’une distillation de mélasse, ils se distinguent par une approche sucrée de fruits confits. On retiendra le Maurice qui est un assemblage de mélasse et de rhum agricole de trois millésimes conservés en fûts de chênes neufs français et US. Nous terminerons avec un rhum de Colombie, La Hechicera qui s’accommodera parfaitement de toutes les recettes de fin d’année. Son côté gourmand et vanillé est idéal pour les pâtisseries.

Joël Chassaing-Cuvillier

 

 

 

 

Aikan, un whisky d’artisan.

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Aikan, un whisky d’artisan.

Un élevage sous les tropiques voilà ce qui caractérise la jeune marque de whisky Aikan. Fûts de bourbon, de bordeaux, de xérès, le recyclage des fûts pour apporter une touche d’originalité aux différents whiskies est devenu la norme. Les choix proposés sur le marché sont nombreux. Désormais, c’est le lieu d’élevage qui est partie prenante.

En effet, outre le vieillissement en fûts de rhum, les whiskies passent leurs dernières années d’élevage sous les tropiques, en Martinique plus précisément. Cela depuis 2016 avec la naissance de cette toute jeune marque. A l’origine, ce sont des blend de whiskies de malt et de grains qui constituent la colonne vertébrale des produits Aikan. Après une première cuvée en 2018 qui rencontra un certain succès auprès des amateurs mais également vers les cavistes et les restaurateurs qui surent la faire découvrir à leur clientèle. Vieilli plusieurs années en Ecosse dans d’anciens fûts de bourbon, le blend est alors envoyé sous les tropiques dans un chai d’une distillerie de rhum de la Martinique, dans le Nord Est de l’île. Un voyage qui par la même occasion fait perdre à ce blend son appellation de Scotch Whisky.

 

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C’est cette situation géographique qui bouleverse le cycle de vieillissement du whisky habitué au climat rude de l’Ecosse. Avec sa température et son taux d’humidité élevés et constants, ce choix géographique permet au whisky de développer davantage d’éléments aromatiques des fûts de rhum comme les épices et la vanille. Le mariage entre le whisky et le bois est également différent et aboutit à de nouvelles palettes gustatives. L’évaporation naturelle, la part des anges, monte à 10% en Martinique alors qu’elle n’est que de 2% en Ecosse. La concentration des arômes devient alors plus intense et concentrée. Pour cet élevage hors norme, Aikan sélectionne des fûts et des barriques de chêne américain et français provenant des meilleurs producteurs de bourbon et de cognac en occasion mais utilise également des barriques neuves reprenant ainsi les habitudes des japonais. Outre ces fûts de bourbon et de cognac, Aikan adopte également des barriques ayant servi au vieillissement de rhums hors d’âge ou millésimés provenant de distilleries différentes. Un choix qui complète l’élevage tropical de ce whisky et apporte un profil original et gourmand.

Dans l’immédiat la gamme Aikan se limite à deux produits : le Blended Collection N°2 et le Extra Collection. Si l’un et l’autre s’affichent à 43°, leur expression est réellement différente. Le Blended affiche une belle robe dorée et un nez fruité et vanillé, réhaussé par des notes fumées et épicées. En bouche, on retrouve les épices, une légère nuance de tourbe avec un ensemble très rond et moelleux. Un whisky disponible chez les cavistes au prix de 40€.

Quant à l’ Extra Collection, il bénéficie d’un vieillissement plus long que le Blended dans des fûts de rhum. Un temps d’élevage plus long qui lui apporte une couleur ambre particulièrement chaude. Au nez, on ressent la présence du rhum et des fruits tropicaux qui se mêlent au cacao et à la cannelle. En bouche, c’est un fondant au chocolat qui révèle des touches épicées et de café. L’Extra Collection est disponible chez les cavistes au prix de 52€.

Joël Chassaing-Cuvillier.

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Manga & Sake,l’esprit du Japon.

 

 

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Pour certains, le Japon se résume à des restaurants japonisants où des sushis seront accompagnés d’un saké improbable. Pour d’autres, la culture japonaise s’exprime principalement dans des bandes dessinées, les mangas. Mais qu’il s’agisse du saké ou des mangas, il s’agit de deux mondes qui trouvent leurs origines dans la mémoire du Japon. Si les mangas prennent leur source dans les stations du Tokaido d’Hiroshige, le saké est un sujet particulièrement complexe à apprendre. La qualité de l’eau, le type de riz sélectionné, la région de culture sont les paramètres fondateurs d’un bon saké. Ensuite les soins apportés à sa fabrication en déterminent la qualité. C’est ce qu’explique parfaitement la manga de Akira Oze. Dans l’opus n°1 de Natsuko no Sake, on pénètre dans l’intimité de la famille d’un petit producteur de saké. C’est la culture japonaise des campagnes qui est dépeinte et au fil des pages on pénètre tout le processus de fabrication depuis le choix du riz jusqu’à sa mise en bouteille. 464 pages à lire absolument pour comprendre et mieux connaître cette boisson compliquée qu’est le saké. J.Chassaing-Cuvillier.                             Netsuko Sake, d’Akira Oze Aux Editions Vega.

 

 

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Le Golden Promise reçoit le Compass Box

 

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Golden Promise accueille le Compass Box.

 

Connu de tous les amateurs de whiskies rares, le Golden Promise situé rue Tiquetonne Paris offre des espaces réservés à différents types de dégustations avec au rez de chaussée un bar dédié aux cocktails. C’est là que l’assembleur Compass Box va poser ses valises quelques semaines.

Alchimiste ou sorcier des blend venus d’Ecosse, Compass Box a établi sa réputation en produisant des assemblages reconnus par les plus grands amateurs. Blended malt, blended grain, blended whisky, autant de cas qui demandent la délicatesse d’un compositeur. Un artiste nommé John Glaser qui depuis 2000 redonne ses lettres de noblesse à la catégorie des blend avec une approche totalement artisanale. Pour John Glaser, ses seuls instruments de mesure sont le nez et le palais, c’est avec eux qu’il compose ses gammes. Il n’hésite pas à prendre des whiskies déjà élaborés qu’il achète à de grandes maisons renommées pour créer un nouveau whisky personnel radicalement différent. Il a ainsi crée un véritable catalogue de près de quarante whiskies différents. Distribué en France par la Maison du Whisky, un lien s’est noué entre le concepteur et le distributeur avec à la clé une nouvelle collaboration et la résidence éphémère de Compass Box au Golden Promise. Une résidence accompagnée bien sûr d’un blend spécialement élaboré à cette occasion avec les conseils de François Piriou, le chef d’orchestre du Golden Promise. Disponible uniquement en Dame Jeanne de cinq litres, le Promise Blend a été élaboré pour être dégusté sec mais également pour être intégré dans des cocktails spécialement créés à l’occasion de cette résidence. Pour cette recette, John Glaser a sélectionné trois grands whisky : Caol Ila, Talisker et Clynelish. Frais et élégant, ce blend conserve une grande personnalité avec une bouche de cuir fumé et une présence discrète de la tourbe. Gras en bouche et pas trop alcoolisé, il n’est pas effacé dans un cocktail. A découvrir au bar du Golden Promise jusqu’ à la fin décembre.

Joël Chassaing-Cuvillier.

 

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Champagne Duboisn l’écologie d’abord

 

 

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Champagne Dubois.

Esprit Nature, un champagne en phase avec la nature.

Le phénomène devient universel et il est désormais impossible de mettre un produit sur le marché sans devoir mettre en avant ses valeurs écologiques et environnementales. De l’industrie automobile à l’agriculture les méthodes de production doivent être respectueuses de la planète entière.

Il est vrai qu’au travers de l’agriculture, la viticulture avait besoin de réviser ses méthodes de travail. Sans pour autant adopter des méthodes aussi radicale que celles préconisées par la biodynamie et le label Demeter, la mise à jour de certaines méthodes de production s’impose. C’est ce qu’a compris la maison des Champagne Dubois qui adopte de nouvelles méthodes de travail lui permettant d’afficher les labels HVE-HQE et viticulture durable depuis 2016. Pour cela la maison Dubois maîtrise le recours aux produits de traitements, utilise un cheval pour le travail des sols et privilégie le désherbage mécanique et a supprimé totalement les désherbants chimiques de son exploitation. Des choix qui, bien sûr, ne sont pas faits au détriment de la qualité de production.

Aujourd’hui, la maison des Champagnes Dubois travaille sur les cinquante hectares du domaine maison et utilisent également les raisins des cent hectares de vignerons fournisseurs qui sont répartis dans toute la Champagne. La cuverie offre une capacité totale de 19 000 hectolitres et ce ne sont pas moins de 1 500 000 bouteilles qui sont produites chaque année. Ces capacités associées au choix de production ont bien sûr incité Nicolas Dubois à développer des produits éco responsable. Les vins d’Esprit Nature ont ainsi été créés afin de valoriser l’idée du juste retour à la nature, chère à Nicolas Dubois. Le principe marketing d’Esprit Nature est simple : pour chaque bouteille achetée, un arbre sera replanté. L’objectif des Champagnes Dubois est de proposer le seul produit qui arrive à maîtriser son empreinte carbone par son action. Recyclable à 100% ce champagne eco responsable participe au programme de reboisement d’anciennes terres agricoles. Concrètement, après l’achat de la bouteille en magasin, le client retire le film plastifié qui la recouvre, photographie le médaillon d’identification numéroté qui figure sur chaque bouteille et l’envoie sur le site internet dédié de la maison. Il rentre ainsi dans le fichier du producteur qui ensuite plante un arbre au nom du client. Ce dernier recevra alors un certificat de plantation comportant les coordonnées GPS de cet arbre. Il pourra ainsi en suivre l’évolution grâce à une lettre d’information.

Mais au delà de cette opération totalement dans l’air du temps écologique, pour cette cuvée spéciale Esprit Nature, deux vins sont proposés : le Pure Selection et le Tradition. Composé à 50% de chardonnay, 30% de pinot noir et 20% de pinot meunier et dosé à 5gr de sucre, le Pure Sélection est un champagne brut à bulles fines, rond en bouche qui accompagnera parfaitement les produits de la mer. Plus universel, le Tradition sera parfait à l’apéritif.

Joël Chassaing-Cuvillier

 

 

Les whiskies de Benjamin Kuentz

 

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Benjamin Kuentz, éditeur de whisky.

 

Négociant en spiritueux, voilà une profession que ne voulait pas être Benjamin Kuentz. Assembler des alcools de producteurs différents pour proposer sur le marché des volumes importants, c’est en tous cas clairement ce que ne fait pas ce jeune entrepreneur.

Editeur de whisky, voilà comment se définit ce jeune quadragénaire. Avec pour principe de n’utiliser que des whiskys produits en France, il compose ses partitions par petites touches en fonction de ce que les distillateurs lui proposent. Il picore ainsi chez les uns et chez les autres ce qui correspond à ses envies du moment. En se voulant éditeur, il est logique que ses whiskys aient des noms de roman. (D’un) Verre printanier, Fin de partie, Aux particules Vines, Le Guip, voilà qui s’annonce comme les titres de la série noire. Et si certains écrivent avec des spiritueux, lui écrit les spiritueux. Comme, il sait très bien le dire, il écrit ses whiskys comme un chef compose une recette. C’est un véritable synopsis qui est à la base de chacun de ses titres. Pour certains, une trentaine de fûts ont été utilisés. Hormis sa cuve « Le Guip » qui a été réalisé en collaboration avec la distillerie bretonne Armorik, ses trois autres opus trouvent leur source dans les Vosges à la distillerie Grallet Dupic. Et qui comme tout bon éditeur, c’est en automne que Benjamin Quentz présente ses dernières parutions et cette année, des accords mets & whiskys ont été recherchés. Pour « Le Guip » qui en est à sa troisième édition, c’est un malt single cask de 9 ans qui a été sélectionné. Portant le nom d’un chantier naval de Brest, on retrouve en toute logique le bois et l’iode en fils conducteurs. Un whisky qui sera parfait avec des huîtres ou quelques cuillères d’œufs de saumon.

Pour les « Particules Vines » qui se présentent cette année en deux volumes, Benjamin Quentz poursuit son travail d’association entre spiritueux et vins. Après la Bourgogne, il se tourne vers le bordelais pour les séries 2 et 3 des « Aux Particules Vines » qui ont séjourné respectivement dix huit et cinq mois en fûts de vin rouge. Rond, équilibré, le 2 offre des notes gourmandes et élégantes, s’impose comme un whisky de fin de repas. Quant à la série n°3 qui a été distillé dans le Jura, avant ses cinq mois d’affinage dans un fût de bordeaux, elle a été élevée pendant huit ans en fût de macvin. Ce vin de liqueur issu de l’assemblage de moût et d’eau de vie du Jura lui apporte une rondeur de fruit confit rarement rencontrée.

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Au final ce sont trois belles nouveautés de cette rentrée qui sont proposées aux éditions Benjamin Kuentz. Des flacons rares que les cavistes avertis savent mettre en valeur pour leurs clients amateurs. Ce qui pourrait apparaître comme de simples opérations de marketing abouti à produire des whiskys élaborés comme de véritables créations. Les amateurs y trouveront des plaisirs supérieurs à bien des produits exotiques. Il serait dommage de s’en priver.

Joël Chassaing-Cuvillier

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Whisky live Paris 2019

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Le Whisky Live est l’évènement international de dégustation qui fait vibrer les grandes capitales de la planète tout au long de l’année. Chaque année depuis seize ans, la France accueille ce salon durant l’automne, et cet évènement parisien n’a jamais cessé de progresser. Il attire chaque année des exposants venus du monde entier et des visiteurs passionnés de malt, mais aussi de rhum et de tous les types de spiritueux. Aujourd’hui, le Whisky Live Paris est incontestablement le plus grand évènement de dégustation de whisky et spiritueux en Europe, et de nombreuses distilleries attendent cette occasion pour dévoiler en avant-première leurs grandes nouveautés, aussi bien aux professionnels de la restauration qu’au grand public. Rien d’étonnant à cela quand on sait que la France est le pays où il y a le plus grand nombre de consommateurs de single malt au monde. Aujourd’hui, le Whisky Live Paris et la Cocktail Street attirent plus de trente mille visiteurs. Ils viennent de l’Europe entière, pour rencontrer les légendes du monde des spiritueux, découvrir de nouvelles marques et de nouveaux produits. Ce ne sont pas moins de 250 marques ou distilleries qui feront déguster les produits classiques comme les nouveautés. Véritable pont entre tradition et modernité, à l’image des spiritueux eux-mêmes, l’évènement explore aussi bien l’histoire, en proposant des single malts des années 1960, que les tendances futures, avec des cocktails réalisés par une nouvelle génération de barman. En 2019, le Whisky Live Paris revient encore plus fort dans un lieu plus pratique d’accès et en adéquation avec cet évènement : la Grande Halle de la Villette. Facile d’accès, pratique pour se garer en voiture, cet espace d’exposition, offre la surface idéale pour cette belle manifestation. JCC

 

Martell propose un nouveau spiritueux

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L’avenir du cognac

La diversification est l’avenir du cognac. C’est ce que semble avoir parfaitement compris la maison Martell. En proposant un nouveau type de spiritueux, Martell s’attaque à un marché de consommateurs jeunes qui n’ont pas dans la tête l’image institutionnelle et pesante du cognac.

A force de penser Asie et Etats-Unis, les producteurs de Cognac avaient fini par oublier leur marché indigène qui s’était laissé séduire par d’autres propositions. Le whisky et le bourbon tout d’abord, la vodka ensuite sans oublier le retour du gin et du rhum. Une offre étendue dont la diversité satisfaisait les plus exigeants. Face à cette concurrence nouvelle, certains producteurs de la région de Cognac se sont eux aussi lancés dans la production de nouveaux produits distillés. Le gin Citadelle a inauguré cette nouvelle orientation, des vodkas ont suivi pour aboutir à des cognacs élevés dans des anciens fûts de sauternes, de banyuls ou de porto. Les règlements de l’ AOC autorisant les maturations dans des anciens fûts de vins. Des choix effectués par la maison Ferrand qui est allé jusqu’à utiliser des fûts de châtaigner, perdant alors l’appellation Cognac. C’est dans le même esprit que la grande maison Martell qui appartient au groupe Pernod Ricard a lancé en 2016 aux Etats-Unis, le Blue Swift. Il s’agit d’un cognac affiné dans des fûts de bourbon. Un choix qui bien sûr ne rentre pas dans les critères de l’AOC et choque les gardiens du temple en l’occurrence le BNCI qui n’admettent pas que le terme Cognac figure sur l’étiquette. Voilà pourquoi Martell a rajouté le terme Spirit Drink sur les étiquettes en l’accolant à la définition Made of Cognac VSOP. Des nuances dignes du Quai d’Orsay. Pour cette vénérable maison, il s’agit d’une révolution qui permet à Martell de revendiquer une véritable contemporalité tout en étant respectueuse des traditions.

 

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Conçu par Christophe Valtaud, le passionné maître de chai de Martell, le Blue Swift a été élaboré à partir de vins clairs en jouant sur les différents terroirs et appellations de Cognac. Assemblé dans des fûts à grains fins déjà utilisés, il évite ainsi le risque d’amertume et d’excès de tannin. Eviter l’amertume est le leitmotiv de Christophe Valtaud qui souligne avoir tout fait pour l’éviter et offrir des notes de fruits compotes, de vanille et légèrement de noix de coco. L’assemblage en fût de bourbon brûlé facilitant ses choix. Il obtient ainsi un style élégant dominé par la rondeur et la finesse. A déguster, le Blue Swift de Martell est un cognac gourmand sans aucune agressivité. Rond, épicé, toasté et légèrement fumé, on retrouve le style de la maison Martell. Il est clair qu’avec ce nouveau spiritueux, ce sont les consommateurs de whisky qui sont ciblés. Consommé sec ou sur de la glace, il offre le même plaisir de dégustation. Harmonieux et subtil, il s’intègre parfaitement dans la création de cocktails originaux ou classiques sans jamais perdre son intensité aromatique. En long drink, il peut également accompagner une cuisine épicée. Avec ce produit, la maison Martell possède un atout de conquête auprès d’une nouvelle clientèle jeune toujours à la recherche de nouveautés.

Joël Chassaing-Cuvillier

 

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